Chez M Publicité, quel pourcentage de l’audience est aujourd’hui qualifiée ?
En termes de reach, nous couvrons l’ensemble de nos audiences digitales et exploitons les données de 26 millions de visiteurs uniques en moyenne chaque mois.
Avec Implcit, nous croisons notre offre first party aux données sociodémographiques du panel d’audiences internet de Médiamétrie. Des critères tels que l’âge, le sexe ou les centres d’intérêts des lecteurs apportent ainsi une nouvelle granularité et permettent d’allier la précision de l’affinitaire à la force du contextuel.
Comment définir la stratégie de M Publicité en matière de data ?
Nous œuvrons à partir d’un un parti-pris très simple : c’est en associant les différentes parties prenantes que nous obtenons des datas sûres, respectueuses de la vie privée et créatrices de valeurs pour les annonceurs.
Dans la définition d’une stratégie datas, le collectif est clé.
Située à l’interface entre annonceurs et éditeurs, la régie détient une place de choix pour créer de la valeur.
Pratiquement, comment cela se traduit-il ?
En fait, notre stratégie repose sur une notion primordiale : la collaboration.
Elle se joue à différents niveaux : avec nos utilisateurs, dans le déploiement d’un dialogue éclairé, consenti et respectueux de leur vie privée ; avec les éditeurs, mieux connaître nos lecteurs permet de personnaliser leur expérience tant sur le plan éditorial que publicitaire. La collaboration avec les annonceurs est également centrale pour comprendre quelles solutions pratiques adoptées face au cookieless. Nous arrivons à un registre plus technique avec la question de l’interopérabilité : allons-nous vers des identifiants alternatifs, vers des datas clean room… ? La discussion avec les adtech se fait ici centrale. Nous nous entourons de partenaires extérieurs avec lesquels nous unissons nos forces (je citais Implcit à l’instant, je pense aussi à IAS…). Enfin, pour enrichir et accélérer la collecte de données demain, le contact avec les retailers est essentiel.
Quels sont les défis rencontrés ?
Il y a des problématiques juridiques évidentes. La privacy n’est pas un un sujet anodin : nous devons avancer avec prudence en plaçant toujours l’utilisateur et le respect de sa vie privée au centre de la réflexion et des innovations.
Il y a également un enjeu central en matière de mesure : comment disposer aujourd’hui d’indicateurs comparables entre les acteurs ? La clé réside dans le développement de standards de mesure partagés, permettant une évaluation transparente et homogène de la performance publicitaire.
Après un stade exploratoire, le marché doit se structurer et tous les acteurs ont un rôle à jouer.
Une chose est sûre : éditeurs et régies doivent tirer parti du cookieless pour réaffirmer leur rôle central dans l’industrie et gagner en souveraineté face aux plateformes.
Martin Clamart, directeur délégué du digital chez M Publicité